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Intensité, quand tu nous tiens...
Oui, j’aime l’intensité. J’aime vivre à fond. J’aime les débuts d’histoires d’amour. J’aime les retrouvailles, j’aime les défis, j’aime la fête, j’aime les voyages, j’aime tout ce qui est nouveau, tout ce qui fouette les sens, tout ce qui stimule l’intérêt, tout ce qui exalte, tout ce qui enthousiasme. J’aime les sensations fortes, celles que procurent la course à pied et la rando, celles que m’apportent la première clope du matin, l’alcool et certaines autres drogues essayées dans ma jeunesse.

Vivre à fond, jusqu’à en mourir. Peut-être. Pas sûrement. Mais tout de même. En tout cas, jusqu’à franchir la ligne, franchir la frontière qui fait qu’on passe de la joie festive à l’autodestruction. La fête qui commence bien, plein d’amis, plein d’entrain et de musique, pour se mettre dans l’ambiance, on y va sur les clopes, on y va sur les coups à boire, encore et encore, on se sent super bien, et plus on se sent bien, plus on a envie de prolonger l’ivresse, plus on a envie de se sentir encore mieux, on fume, on boit, on danse, on se marre, on tourbillonne, la vie est comme un manège coloré et enchanteur, on refait le monde dans la cuisine, encore un verre, encore une clope, on sort prendre un peu d’air et de solitude, avec un verre, avec une clope, on regarde les étoiles, on est heureux de ces quelques instants seul avec soi-même, on recommence, on ne sait plus très bien où on est, qui on est, ivresse, vertige, on vit, on a le sentiment de vivre, follement, à fond, et c’est la seule vie qui mérite d’être vécue.

Et puis, vient le temps du petit matin, vient le temps de la tristesse, la fête est finie, on grelotte, on se sent seul, affaibli, malade, oubliée l’ivresse, oubliée la joie, les amis sont partis, on est seul avec son mal-être, bientôt à nouveau dans son quotidien, pas pire que celui d’un autre, mieux sans doute que le quotidien de biens des gens, si ce n’est que justement, c’est le quotidien, grisaille après griserie.

Et c’est inacceptable. On retrouve un soi-même dont on s’est fatigué depuis bien longtemps déjà – il m’est arrivé, regardant des femmes passer dans la rue, souhaiter être n’importe laquelle d’entre elles plutôt que moi-même. On retrouve un compagnon pour qui on ne ressent plus ce petit vertige au creux de l’estomac, ce petit vertige des débuts qui faisait que les journées étaient belles, que tout était plus coloré, plus joyeux, plus exaltant. Alors on allume la première clope du matin, celle qui donne ce petit vertige au creux de l’estomac et qui fait tourner la tête, on allume les suivantes parce qu’elles vont redonner un peu de couleur, un peu d’intensité à la journée qui s’annonce, parce qu’elles vont aider à nous faire croire qu’on aime la vie, ah ! la cigarette au soleil à une terrasse de café, ah ! la cigarette quand on a fini un boulot difficile, ah ! la cigarette avec l’apéro, double boost pour que la soirée ne soit pas morne.

On se détruit à petit feu pour ne pas mourir d’ennui. Pour se supporter, pour supporter les autres, pour supporter le temps qui passe et nous rapproche de la mort.

Un jour, on se réveille et on se dit stop. Chouette, je tiens un projet : je vais arrêter de fumer. Je vais me lancer un défi, je vais secouer l’ennui, je serai autre, je serai celle qui a réussi, ça va bouger dans mon quotidien, ça va bouger dans ma tête, on se lance, à fond comme tout ce qu’on fait, patch et compagnie, stop et tabacologue, et c’est l’euphorie d’y arriver, c’est l’euphorie de voir les jours s’accumuler, on fête le premier mois avec tambours et trompettes, on se dit fastoche, on ne comprend pas que les autres n’y arrivent pas, on se sent prêt à soulever des montagnes.

Et puis, petit à petit, l’enthousiasme s’effiloche, la défume devient banale, ce n’est plus un projet en soi, ce n’est pas suffisant pour changer ma vie, pour changer mon mal-être, au contraire, la défume devient la cause de tout ce qui ne va pas. Je me retrouve, toujours aussi fatiguée de moi-même, plus encore qu’avant, j’ai perdu l’humour, j’ai perdu la pêche factice que j’entretenais à force de clopes et de coups à boire, je ne me supporte plus, je ne supporte plus mon travail, la vie entière a perdu ses couleurs.

Retrouver l’intensité. L’intensité qui parfois, souvent, bascule vers l’autodestruction. Se sentir vivre quitte à se mettre en danger de mort. Et c’est le temps de la rechute.

L’intensité. Je réalise, au 74e jour de ma re-défume, qu’il y a une intensité dans laquelle je me perds. Mais il y a aussi une intensité dans laquelle je me trouve. Je me retrouve. Il y a l’intensité qui fait qu’on s’oublie soi-même, qu’on oublie tout, que plus rien n’a d’importance. Et il y a celle qui donne du sens, résolument tournée vers la vie. Et cette intensité-là, ce n’est pas la clope, ce n’est pas l’alcool, ce n’est pas la passion éphémère et enivrante, ce n’est pas le tourbillon paroxystique d’une fête, c’est la créativité, c’est le désir, c’est les autres, c’est l’amitié, la vraie, c’est l’amour, le vrai, c’est l’engagement. Cette redécouverte, c’est l’aventure Jazz et neige qui m’en a montré la voie. C’est cette œuvre collective de tribuliens, une pure jubilation qui laisse dans son sillage une idée de bonheur.

Renouer avec la jubilation.
Posté le 16 mars 2010, à 10:15
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Une histoire d'humiliation
Toujours dans la série autodestruction, j'ai expérimenté hier le lien évident et incroyablement fort entre humiliation et autodestruction.

De passage à la pharmacie pour faire le plein de patchs et pastilles, je repère qu'il n'y a personne chez le coupe-tiff, ce qui tombe bien car j'ai besoin de faire rafraîchir ma coiffure. Pas de problème, on me prend tout de suite, oui, on va refaire un peu les mèches blondes et une petite coupe par là-dessus.

Je m'assoie dans le fauteuil face à la glace, toujours la même épreuve, je ne sais pas ce qu'il a l'éclairage dans ce salon, mais quand je lève les yeux, je vois une gueule revêche qui me regarde d'un air sévère, rides du lion bien marquées et ovale qui commence à se la jouer Dali dans les Montres molles. Je tente un sourire, et là, c'est le style cuir vieilli, c'est joli pour un sac à main, mais sous les yeux, pas terrible. Ben oui, ma vieille, bientôt 47 ans, faut assumer...

Bien entendu, le pire est à venir, quand je me retrouve, un peu plus tard, avec la même bobine mais surmontée d'une espèce de crème chantilly qu'on emballe ensuite dans du film plastique avant de placer le tout sous des lampes. Je plonge le nez dans "Elle" pour ne plus voir ma gueule, tombe sur un ramassis de pétasses de 16 ans en mini mais bon, c'est que des photos, retouchées en plus, je demande à les voir en vrai quand elles auront 47 ans.

Là-dessus, se pointe une pétasse mais vivante celle-là, une vraie, mignonne et craquante que c'en est totalement indécent, et le type qui était censé s'occuper de moi non seulement m'oublie complètement, mais la fait asseoir juste à côté, charmant petit visage minaudant dans la glace à côté du mien, de plus en plus revêche dans son appareillage totalement ridicule. Il aurait pu la placer à l'autre bout, mais non, il me faut subir son bavardage de minette sûre de son look, oui, non, avec une frange, vous croyez, mais alors, et la longueur, et le brushing, et patati et patata. Vingt minutes de briefing avec la minette. Il ne la lâche pas. Mes lampes ont commencé à faire bip bip, je poireaute encore une bonne demi-heure, malgré mes regards désespérés, personne ne vient.

Passage au bac et je m'aperçois, horreur malheur, qu'il a déjà commencé la coupe de la minette alors que zut, j'étais arrivée bien avant. Paf, une heure de plus dans la vue, bien entendu assise de nouveau juste à côté, elle avec son petit carré qui prend forme sur sa jolie tête, moi avec mes mèches mairgrichonnes de vieux chat mouillé. Et tout le monde de s'extasier, comme ça vous va bien, c'est ravissant, n'est-ce pas, et la minette de minauder et on retouche encore un cheveu qui dépasse ici, on remet un coup de séchoir là. Je regarde ma montre: huit heures moins le quart (je suis entrée à cinq heures et demie).

Enfin, la minette s'en va et le type, sans me regarder et tout en discutant avec les coiffeuses (nettoie tel appareil, mets de l'eau de javel là, etc.), attaque au ciseau à toute berzingue, pof pof pof, dans tous les sens et en me tirant les cheveux, hop là, le séchoir et, enfin, je sors de là avec un infâme plumeau sur la tête.

Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie
N'ai-je tant vécu que pour cette infâmie?

Voila. Une histoire banale, idiote, mais vraiment, tu sors de là avec l'impression d'être une merde, la rage au ventre et l'envie de disparaître, l'envie de te faire payer toi-même ce qui vient de t'arriver, d'ailleurs tu mérites pas d'exister, t'es qu'une pauvre conne vieille et frustrée. A la maison, ton mec te dit "mais c'est mignon cette coupe", tu lui mets une beigne, tu passe encore une heure dans la salle de bain pour essayer d'arranger le plumeau, tu desserres pas les dents de la soirée, tu voudrais te finir à l'alcool et aux clopes, à la place tu termines sous la couette avec double dose de lexo, vite qu'on change de journée.

Et le matin, une fois que tu as refait ton shampoing, tiens, la coupe est pas si mal que ça, la couleur est assez réussie, et là tu te marres, d'abord un peu, puis vraiment franchement.

Renoncer à vouloir être ce qu'on n'est pas. Garder le sens de l'humour. Se faire un sourire et tant pis pour les rides sous les yeux: allez, Bravo, t'es pas si nulle que ça!
Posté le 9 mars 2010, à 09:50
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La défume, une histoire de désir
Il y a le passé, le présent et le futur. En grammaire, mais aussi en défume. Le passé, c'est toutes ces années où j'ai fumé, où mes journées étaient rythmées par la clope, de la première au café du matin, parfois même avant, à la dernière avant de m'endormir, parfois même au lit. Les fumeurs connaissent. Le passé, c'est aussi l'histoire de mes tentatives d'arrêt et de mes rechutes. Le passé me handicape, je ne peux pas l'effacer, je ne peux pas le changer, je dois faire avec. Faire avec 30 ans de tabagie.

Dit comme ça, c'est un peu déprimant. Heureusement, nous avons tous cette faculté qui consiste à apprendre. Et là, le passé n'est plus boulet, il devient point d'appui. Car il y a plusieurs passés. Oui, il y a eu les 30 ans de clopes. Mais il y a eu aussi cette décision que j'ai prise d'arrêter de fumer, un certain 19 août 2008, et de venir sur ce site. C'est une décision passée, dont les conséquences se sont ancrées petit à petit et qui font que, depuis, je n'ai plus pu fumer comme avant. Oui, j'ai craqué à l'automne, petit à petit, jusqu'à la rechute ou presque. Si je n'ai pas rechuté pour de bon, c'est que la décision prise en ce mois d'août 2008 et tout ce que j'ai construit depuis avec la tribu m'en ont préservée. Ces craquages eux-mêmes sont du passé. Un passé plus récent, mais qui m'aide à comprendre, sur lequel je prends appui pour ne pas répéter les mêmes erreurs. Et puis, les deux derniers mois, pendant lesquels je n'ai pas fumé, pendant lesquels ma résolution s'est raffermie, jour après jour, jusqu'à aujourd'hui.

Et aujourd'hui, c'est le présent. C'est maintenant. Maintenant, j'écris et l'envie de fumer est loin. Le moment présent, c'est celui qui résulte de l'addition des moments passés, c'est aussi celui où je décide de ce qu'il faut faire et ne pas faire. Où j'exerce mon libre arbitre : là, tout de suite, je choisis de ne pas fumer.

Seulement voilà. Il arrive que l'exercice de mon libre arbitre se retrouve faussé, piégé. Toutes sortes de raisons peuvent altérer mon jugement et m'amener à prendre la mauvaise décision. En général, c'est un cocktail qui fait que là, maintenant, je prends une clope. Une bonne dose de stress, une bonne dose de désarroi, une blessure narcissique et une once d'aquoibonnisme : redoutable. Autre recette : l'exaltation de retrouvailles, un sentiment total d'euphorie et de liberté, une bonne dose de désinhibition. Une couche d'alcool par là-dessus et hop là, c'est reparti.

Et le futur alors? Et bien c'est le futur qui peut m'aider à exercer mon libre arbitre dans le présent en tirant les leçons du passé. Le futur grâce à l'anticipation. L'anticipation des situations à risques, pour les éviter ou y répondre par les moyens appropriés. Mais aussi, et surtout, le désir.

Le désir, c'est ce à quoi on aspire, ce qui nous fait envie, tout à l'heure, demain, dans quelques années. Le désir, c'est ce qui nous anime, ce qui nous fait avancer, ce qui nous fait savourer la vie. Le désir s'exprime et se vit de mille manières: écouter une belle musique, écrire une histoire à plusieurs, respirer l'air du petit matin, s'absorber dans un travail intéressant. Au départ de tout ce qui nourrit la vie, il y a le désir.

La clope fait-elle partie de mes désirs? Non, mille fois non. M'aide-t-elle à satisfaire mes désirs? Pas davantage. Au contraire, elle s'est souvent substituée à eux, en procurant une réponse immédiate à un faux désir qu'elle avait créé: le besoin, l'addiction.

Et c'est pour ça qu'à ce stade de mon parcours, je me dis que la défume est affaire de désir. Désir de libération, désir de ne plus fumer, désir de ne pas redevenir fumeuse. Désir de vivre l'expérience d'être moi-même sans clope. Désir de redonner leur place à mes vrais désirs au lieu de continuer à les leurrer avec de la fumée. Désir de vie.



Posté le 2 mars 2010, à 09:23
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Mirage et rechute
Au jour 56, je continue à m'interroger sur les mécanismes de ma rechute. Hier, sur le forum, je parlais du mirage de la clope, qui fait que dans certaines situations, on se met à avoir une représentation, une idée de la clope en décalage avec la réalité de ce qu'elle peut nous apporter.

Le terme de "mirage" a fait réagir plusieurs personnes qui m'ont objecté que les effets de la clopes étaient bien réels, reposaient sur un produit actif et addictif et que le corps s'en souvenait, des mois, des années plus tard. Ca m'a fait réfléchir.

Il ne fait pas de doute que ce qui se passe dans ma tête, quand je commence à me représenter la clope comme une aide à affronter les difficultés, procède en partie de cette mémoire "chimique" du corps, renforcée par l'habitude, conservée pendant des années, du geste, du réflexe. Je flippe, j'allume une clope.

C'est important d'avoir conscience de ce mécanisme. Mais ça ne suffit pas. C'est dans ma tête que j'ai construit ma décision d'arrêter de fumer. C'est avec ma tête que j'élabore une stratégie de défume, qui est une stratégie à la fois chimique (patchs, pastilles et anti-dépresseurs si nécessaire) mais aussi mentale (motivation, détermination, renoncement). C'est un mécanisme mental qui fait qu'au lieu d'appliquer cette stratégie face aux difficultés, je l'ai sciemment laissée de côté.

Rappel des faits : j'apprends un truc qui me met sens dessus-dessous, et je fume une clope. Je continue à être mal pendant plusieurs semaines, et au cours d'un séjour à Paris, je refume pendant trois jours. Puis, je pars à NY avec un gros boulot à faire, et là, je réalise que j'ai intégré la possibilité de refumer comme réponse aux situations inhabituelles (stress, coup dur, mais aussi émotions diverses, même positives). Je refume 6 ou 7 jours. Je rentre en France, et vers Noël, je lâche pendant 10 jours. Je réembarque dans le train de la défume le 2 janvier.

Que s'est-il passé? A un moment précis, j'ai laissé s'insinuer l'idée que la clope était une possibilité. Je n'avais pas envie de fumer, mais la clope était revenue dans mon paysage mental. Dans cette expérience, j'ai clairement senti que la "possibilité d'une clope", donc le mirage, avait précédé le retour au produit actif. C'est à partir du moment où je me suis d'une certaine façon "autorisée" à refumer que je me suis retrouvée prête à me ruer sur un paquet de clopes, avec la nécessité impérieuse d'en fumer une tout de suite.

D'ailleurs, c'est ça qui a été un peu compliqué depuis le 2 janvier. Il n'y a pas eu de rupture marquée, dans mon vécu quotidien, entre ce nouvel arrêt et les périodes, tout de même majoritaires, où je ne fumais pas à l'automone dernier. Pas de manque, pas de lutte particulière, mais la nécessité d'une stratégie mentale à reconstruire.

Et, à ce stade de mon parcours, c'est contre ce mirage, contre cette représentation de la clope, contre la clope en tant que "possible" que je dois à présent lutter si je veux éviter une nouvelle rechute. Je pourrai me coller tous les patchs de la terre, si l'image de la clope se met à miroiter dans un coin de ma tête, exactement comme l'eau dans le désert, je ferai comme Dupond et Dupont dans "Tintin au pays de l'or noir": étant perduadée de plonger dans une bonne eau fraîche, je me ramasserai direct sur le sol!

Posté le 26 février 2010, à 10:08
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Encore un effort!
Au bout de 44 jours de mon 2e arrêt, j'ai l'impression que dans l'ensemble ça va bien, mais qu'il y a encore quelques efforts à faire. Je m'explique. Une chose est certaine et n'a jamais varié depuis que je viens sur ce site: je ne veux pas redevenir fumeuse. Cette certitude, je l'ai toujours conservée, même au moment de ma rechute, en décembre. Je refumais, oui, mais avec l'objectif très proche de remonter dans le train de la défume.

J'ai bien tenu ces 44 jours, mais j'ai l'impression de ne pas vraiment progresser. J'en reste à cette conviction que je ne veux pas redevenir fumeuse, mais j'ai aussi la sensation qu'un rien pourrait m'amener à différer. J'entends par là reprendre une ou quelques clopes, sans que ça s'inscrive dans la durée.

Il y a une étape que je n'arrive pas à franchir et qui, je crois, correspond à ce que Frankoise décrivait très bien dans un de ses derniers articles: le renoncement. Le zéro taffe zéro clope, un point c'est tout. Je n'ai pas encore éradiqué la possibilité de la clope, alors que j'y étais assez rapidement parvenue l'an dernier. J'ai l'impression que si moi, je veux l'oublier, elle se rappelle à moi. Et que face à ça, je ne suis plus en ordre de bataille comme en début de défume, mais dans une possible négociation avec moi-même. Et ça, en aucun cas, je ne dois me le permettre.

J'ai l'impression d'avoir progressé mais de régresser en même temps. Je n'ai plus de brutales envie de fumer, je ne ressens pas de manque, mais je suis repatchée comme au tout début, je prends des pastilles de nicotine et parfois l'inhaleur. Alors que j'étais arrivée à me passer complètement de substituts l'été dernier.

Mais ce n'est pas le fait de remettre des patchs qui m'ennuie, plutôt l'impression que la barrière mentale n'est pas encore reconstruite.

Encore un petit effort, Bravo!
Posté le 15 février 2010, à 13:04
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