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Engagement contre le tabac
Engagement contre le tabac 
Parfois, il y a des décisions qui arrivent sans que vous l'ayez du tout anticipé. Ce matin, par exemple, j'ai décidé de dire quelque chose que je n'aurais pas eu envie de dire plus tôt, si je m'étais posé la question. Je ne publie plus sur ce blog, donc c'est sur mon second blog que j'ai écrit un article, mais pourtant je trouve que ce texte doit se trouver aussi ici. Voici donc, après dix-huit mois sans cigarettes, ce que j'ai envie de dire :


À tous les anciens fumeurs qui tiennent le coup,
à tous les défumeurs qui, en ce moment, se battent au quotidien pour ne pas fumer,
à tous les fumeurs qui ont envie d'arrêter mais que la dépendance retient dans ses filets,
à tous les fumeurs qui restent dans l'illusion d'un libre choix,
à tous les morts du tabac,
à mon père récemment opéré d'un cancer,

je promets

que je vais continuer la défume jusqu'à la fin de mes jours
que je ne fumerai plus jamais la moindre cigarette,
que je ne fumerai plus jamais la moindre bouffée de tabac.

Je n'ai, de ma vie, fait que deux promesses, et je les tiens sans faille. Celle-ci est la troisième. Vous pouvez compter sur moi pour la tenir, vous pouvez vous appuyer en confiance sur ma force face au tabac.



Jo
http://jo-lyon.over-blog.com/
Posté le 8 décembre 2009, à 09:44
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Mon second blog
Mon second blog 
Comme annoncé, j'ai envie d'un blog plus complet, et ne parlant pas que de défume. Je l'entame ces jours-ci, sans trop savoir encore à quoi il ressemblera vraiment. Il est encore vide ou presque, mais je pense l'alimenter à peu près au rythme où j'alimentais ce blog-ci : un peu plus d'une fois par semaine. Pour me lire donc, désormais, voici l'adresse :

http://jo-lyon.over-blog.com/

Je reste présent également sur les forums du Stop.

Jo
Posté le 2 juillet 2009, à 09:40
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Ce n'est qu'un au revoir...
Ce n'est qu'un au revoir... 
Voilà. Je sentais que cela se préparait depuis un moment, et le moment est venu. Après plus d'un an sans tabac, et dix mois en votre compagnie, je mets fin à la première partie de ce blog parce que ce que j'ai envie d'y dire est de moins en moins directement lié au tabac. Je ne quitte pas la tribu, et je continuerai à tenir un blog, ici ou ailleurs, mais ce ne sera plus le même type de blog.

En un an, j'ai appris que le tabac est un psychotrope, une drogue. Ces notions sont intéressantes. L'humanité utilise beaucoup de psychotropes, c'est-à-dire de substances qui modifient le fonctionnement biochimique du cerveau. Le but peut être très variable, mais on y distingue en général assez facilement l'envie de modifier l'état de conscience : pour me détendre, pour m'exciter, pour me réveiller, pour m'endormir, pour me calmer, pour oublier, pour me consoler, pour le plaisir... Pas mal de ces produits sont addictifs, ce qui signifie qu'il est difficile de s'en passer une fois que le corps en a pris l'habitude, et que cela nécessite une période de sevrage qui peut être difficile. Pas mal de ces produits sont toxiques. Certains au contraire sont, dans les doses courantes, sans aucun danger.

Est-il exagéré de dire que l'humanité toute entière recourt à des psychotropes ? Faisons un panorama rapide. Crack, éther, héroïne, cocaïne, morphine... : pas vous, n'est-ce pas ? Ecstasy, champignons, peyotl, opium, amphétamines, cannabis, chanvre... : quelques-uns d'entre vous, déjà ? Alcool, tabac, coca, qat... : ça commence à faire du monde, je suppose. Café, thé, cacao... : ah oui, tiens, même la bonne du curé ! Et bien sûr les médicaments psychotropes, qu'ils soient antidépresseurs, hypnotiques, sédatifs, anxiolytiques... : tous ces médicaments que prennent les gens qui sont trop raisonnables pour se droguer. Sans compter qu'un certain nombre de produits courants ont, à forte dose, une action psychotrope, tels que les sucres. Eh oui, pourquoi croyez-vous que les enfants raffolent de sucreries au point de parfois faire de véritables excès ? La consommation de psychotropes est telle que la conclusion s'impose : ils ne sont pas une simple conséquence de nos organisations sociales mais un rouage fondamental. L'État ne distribue plus de clopes aux soldats, mais ne lutte contre l'alcool à peu près que du strict point de vue de la sécurité routière, alors qu'il s'agit d'un problème sanitaire majeur. En prenant conscience de ce rôle social des psychotropes, on comprend que la société ne mettra en place de politique lourde et cohérente contre le tabac que si celui-ci cède la place à un produit remplaçant. Tiens, d'ailleurs, est-ce que les timides progrès récents de la politique de lutte contre le tabac ne sont pas une conséquence de la tolérance croissante pour le cannabis ? Est-ce que la lutte contre l'alcool au volant ne va pas de pair avec le développement des pré-mix, créés pour que les adolescents commencent de plus en plus jeunes les cuites graves ? La société ne luttera jamais sérieusement contre les psychotropes. En alcoologie, on parle de co-dépendance pour dire que les proches d'un alcoolique ont complètement intégré la dépendance de leur proche dans leur mode de vie, et ont souvent du mal à remettre cet équilibre en question lorsqu'il arrête de boire. Notre société est co-dépendante de nos addictions aux psychotropes, à de multiples niveaux.

Heureusement, chacun d'entre nous peut faire le choix personnel de se libérer, partiellement ou complètement. Heureusement, car les psychotropes posent deux problèmes. Le premier problème est qu'ils sont psychotropes. Cela peut, pour certains produits, avoir des effets graves (atteintes neurologiques irréversibles, comportements violents ou dangereux), mais de manière plus large on peut trouver pénible de se sentir sous la dépendance d'un produit qui provoque un comportement non-naturel. Le second problème est que beaucoup de ces produits ont des effets toxiques (provoquant cancers, maladies cardiovasculaires, cirrhose, problèmes rénaux...).

Ma gamme personnelle de psychotropes, fort peu originale mais déjà copieuse, s'est étendue au tabac, à l'alcool, au café, au chocolat, aux sucreries et aux anti-dépresseurs. L'alcool est un produit que j'ai eu besoin d'apprendre à gérer, et que j'ai appris à gérer. Il est devenu très rare que je sois ivre. Le tabac me posait problème aussi, par le risque sanitaire et par le sentiment de dépendance.

J'ai donc appris à ne plus fumer, et à retrouver un fonctionnement naturel... ou presque, car je prends encore un peu d'antidépresseurs, qui se sont avérés nécessaires au cours du sevrage tabagique. Je consomme aussi encore du café, de l'alcool, du chocolat et des sucreries, mais dans des quantités raisonnables, c'est-à-dire que ma raison peut librement contrôler ma consommation et que celle-ci n'entraîne pas de conséquence sur ma santé. Je sais remplacer le vin par de l'eau quand je sens que j'attends ma limite, alors que je ne savais pas renoncer à fumer quand je sentais pourtant que ma consommation était excessive.

Pour arrêter, j'ai eu besoin de comprendre pourquoi je fumais. Je fumais parce que l'effet psychotrope du tabac stabilise l'humeur, en masquant les émotions. Je le sais parce que j'ai dû apprendre, pour ne plus fumer, à affronter mes émotions de façon plus directe. Et c'est parce que j'ai su le faire que j'ai réussi à ne plus fumer. Je fumais parce que la vie n'est pas parfaite, et que la fatigue, l'ennui, le stress, la tristesse, la colère me touchaient moins quand mon cerveau baignait dans la nicotine, comme si toutes ces émotions m'arrivaient amorties par un petit matelas confortable et rassurant.

Je n'ai pas arrêté par la seule force de ma volonté. J'ignore si j'y serais arrivé sans aide, et ce n'est pas une question qui m'intéresse. J'ai arrêté avec deux grandes aides. D'une part, j'ai utilisé des patchs à la nicotine, qui permettent, avant de se passer complètement de nicotine, de perdre ce que certains appellent « le geste ». Ce n'est pas le geste qui est concerné, en fait :c'est le processus cérébral consistant à avoir envie d'une clope lorsqu'on ressent une émotion quelconque (y compris l'ennui). L'administration régulière de nicotine par le patch permet de supprimer cet automatisme, et l'arrêt de la nicotine est ensuite nettement facilité. D'autre part, j'ai utilisé votre soutien à tous. En vous appelant à l'aide, je savais pouvoir compter sur un appui autre que la nicotine lorsqu'une émotion devenait trop présente. En vous aidant comme je pouvais, humblement mais sans retenue, j'étais amené à me voir en vous, à me comprendre pour vous comprendre.

En ne fumant plus, j'ai comme beaucoup d'entre vous eu l'impression de me redécouvrir. Cela suffit à me donner envie de ne jamais refumer une cigarette. Plus jamais une seule, puisque j'ai compris qu'il y a deux types d'attirance vers la cigarette : la tentation du psychotrope, c'est-à-dire l'envie de ressentir l'effet psychotrope de la nicotine au moment où on fume, et la tentation de la dépendance, c'est-à-dire l'envie que cette cigarette, en ouvrant la porte aux suivantes, supprime toute sensation de manque. N'oublions pas que le manque premier, c'est le sevrage du lait maternel : le manque est un état normal. Arrêter de fumer, c'est faire le point sur ces tentations et trouver les moyens de leur résister en construisant d'autres façons de mener sa vie. Arrêter de fumer, en fin de compte, c'est, au sens le plus positif, apprendre à vivre sans cigarette. Ce n'est donc pas une privation, mais la redécouverte d'une compétence oubliée.

Jo
Posté le 17 juin 2009, à 14:53
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Le paquet de cigarettes
Le paquet de cigarettes 
Il y a quinze ans, j’ai vécu un événement aussi banal que pénible : une séparation douloureuse d’avec un garçon avec qui je vivais, que j’aimais et qui m’aimait.

Pour construire une vie commune, l'amour ne suffit pas, surtout quand ses deux membres n'en donnent pas la même définition. Après deux ans de partage, nous avons connu une période de turbulence. Pendant plusieurs mois, j’ai fait des efforts considérables pour accepter une situation qui devenait de plus en plus difficile pour moi, et j’ai été de plus en plus malheureux. Ces efforts n'étaient pas reconnus, et au contraire j'avais le sentiment de voir ma souffrance niée. Mon ami me rendait malheureux et me reprochait d'être malheureux.

C'est dans cette période que j'ai écrit le texte que je vous livre aujourd'hui. Ce n'est pas un récit de ma séparation, mais une tentative d'exprimer la violence que j'ai ressentie à voir ma souffrance retournée contre moi, à me sentir enfermé dans cette souffrance. L'écrire m’a aidé à comprendre que je faisais trop de concessions, que nos discussions menaient à un marché de dupes, et qu'il était temps de mettre fin à ce couple.

Très peu de temps après l’avoir écrit, je suis passé voir mon ami à son travail pour lui expliquer que je n’acceptais plus la situation qu’il m’imposait. Moins d'une semaine plus tard, je suis allé m’installer chez des amis le temps de trouver un nouveau logement. Depuis, ce garçon est devenu un ami proche. Je ne lui ai jamais montré ce texte.

Si je vous le livre, c'est parce qu'il montre comment, inconsciemment, je vivais la cigarette (je fumais, à cette époque, cinquante cigarettes par jour). Il me dit, quand je le relis aujourd'hui, que la cigarette sert à taire les émotions, à les enterrer, à les nier. Que la cigarette peut faciliter la vie mais nous cache la réalité du monde, notre réalité.

Jo




Le paquet de cigarettes

Le monde se renversa brusquement. Elle sentit le sol se jeter vers sa tête, elle vit le trottoir se dresser pour lui cogner l’épaule.
VIOL.
Il n’était pas possible que ce monde qu’elle connaissait, ce monde qu’elle aimait, son complice de toujours, puisse ainsi la voir jetée à terre.
VIOL.
Qu’y a-t-il de plus banal que d’être ainsi attrapée, bousculée, malmenée ? Ça arrive à tant d’autres !
VIOL.
Impossible ! A-t-elle été trop imprudente ? Sa jupe est-elle trop courte ? Aurait-elle dû éviter ce quartier ? Aurait-elle dû prendre des leçons de karaté, avoir une arme ? A-t-elle eu tort de se maquiller ?
VIOL.
Non, pas de questions. Ça ne sert à rien. Il ne se peut pas que ce soit de sa faute. On n’est jamais coupable d’être violée. Mais alors, si ça lui arrive sans qu’elle en soit la cause, comment y survivre ? Comment vivre violée ?
VIOL.
Il faut refuser. Il ne faut pas être violée. Il ne faut pas risquer de toute sa vie être dégoûtée de soi-même, de toute sa vie éprouver une terreur des autres, des mots, des gestes, de toute sa vie être perdue dans un monde auquel on ne pourrait plus jamais faire confiance.
VIOL.
Il faut refuser d’avoir été violée.

***

Alors elle se retourna. Il rebouclait déjà sa ceinture. Ce qui avait eu lieu ne devait pas avoir eu lieu.
« Donne-moi cinquante francs. »
Évidemment. Quand on fait l’amour contre son gré, c’est qu’on fait l’amour pour être payée. Il fallait qu’il la paye, il fallait qu’il joue le jeu. Combien est-on payée d’habitude ? Je ne sais pas. Cher. Il fallait qu’il paye. Il fallait qu’il accepte de payer. Il fallait qu’il puisse payer.
Et s’il n’avait pas assez, oh mon Dieu, et s’il n’avait pas assez et qu’il ne payait pas ? Horreur ! Mais ce serait du viol ! La baiser et partir sans payer !
S’il ne payait pas, sa vie s’arrêtait. Le monde ne redeviendrait jamais celui qu’elle avait connu, celui d’avant le déchirement, celui qui était doux et heureux et parfumé. Le monde resterait une éternité de viol, un viol si long que sa vie durerait des siècles de douleur. Il fallait lui donner les moyens de payer. Fixer un prix qu’il accepte de payer.
« Bon, d’accord, sur un trottoir, comme ça, c'est pas génial. File-moi quelques clopes et n’en parlons plus. »
Il paya. Il lui tendit un paquet et partit. Il lui donnait un paquet de clopes, il lui disait merci. Il ne l’avait pas violée, puisqu’il la payait. C’était mieux pour lui, et c’était mieux pour elle.
Elle serra le paquet dans ses mains. Elle avait un paquet de cigarettes. Elle l’avait échangé contre le droit de la jeter au sol, de remonter sa jupe, de la baiser.

***

Elle se leva pour rentrer. Elle serrait toujours dans ses mains l’étui en carton, et dans cet étui vingt petits rouleaux de papier remplis de tabac. Dérisoire. Quel goût ça pouvait bien avoir ? Elle n’en savait rien.
Elle fut tentée de mettre le paquet dans son sac. Après tout, elle n’allait pas se mettre à fumer simplement parce qu’elle s’était fait payer en cigarettes. Elle pouvait garder le paquet dans son sac et ne plus y toucher.
Non. Si elle ne le fumait pas, ce paquet gagné à la sueur de ses cuisses, c’était comme si elle n’avait pas été payée. Pas payée après avoir fait l’amour sans désir ? Ça n’était pas possible. Ça n’existait pas.
Un passant. Quelqu’un. Sa gorge se noua. Un instant de panique. Sottises ! Il n’allait quand même pas lui sauter dessus, ces histoires de passant qui vous sautent dessus pour vous violer, c’est bon pour le cinéma, ça n’arrive pas, pas à elle, en tout cas, parce que, elle, elle ne se laisserait pas faire, elle se défendrait.
Elle sortit une cigarette et lui demanda du feu. Elle fuma sa première cigarette. Ça n’avait pas vraiment bon goût ; mais il y avait la satisfaction de fumer une cigarette qu’elle avait gagnée, méritée par son travail. Ça n’avait pas bon goût et ce n’était pas grand chose ; mais ça faisait du bien.

***

Elle sourit. Le monde allait son train, le monde qu’elle aimait tant continuait son chemin. Ils allaient bien s’entendre, le monde et elle, comme hier et comme avant-hier. Le monde l’aimait, le monde ne permettrait pas qu’on lui fasse du mal. Oh, peut-être un ou deux bleus à l'épaule, elle avait dû se cogner sans y prendre garde ; et puis sa jupe était déchirée, un peu devant, et puis bien sale ; elle était très fatiguée ; merde, j’ai encore filé mon collant ; et puis elle aussi se sentait sale, va savoir pourquoi ; c’était pas un soir où tout allait bien. Mais tout ça, c’était des petits pas grand-chose. Il y avait des gens tellement plus malheureux qu’elle. Les femmes violées, par exemple.


Écrit à Lyon, le 6 juin 1994
Posté le 16 juin 2009, à 11:01
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Je vais bien et je n'ai rien à dire.
Je vais bien et je n'ai rien à dire. 
Je me demandais dans mon dernier article si j'étais en déprime ou en défume, et par quel bout je devais attaquer une difficulté d'humeur. Vous avez été nombreux à laisser des commentaires sur mon article ou à me faire passer des messages par diverses voies. Vraiment, j'en éprouve une très grande reconnaissance, car vos avis, vos réactions, vos idées, m'ont aidé à dénouer l'écheveau et à y voir plus clair. J'ai repris mon traitement anti-dépresseur et pas les patchs. Je préfèrerais faire du sport puisque j'ai pu vérifier que cela aide à combattre la dépression, mais mon dos ne me le permet actuellement pas.

Aujourd'hui, je vais bien. Je ne peux pas dire que je me sente vraiment en pleine forme puisque mon dos n'est pas vraiment remis, mais pourtant, je suis détendu, serein. C'est donc que je n'ai plus besoin, pour être serein, de nicotine. La nicotine n'est plus le passage obligé vers le bien-être. Voilà, je n'ai pas grand chose de plus à vous dire, mais il serait dommage de ne faire d'article que quand quelque chose cloche. Je vais bien. Je ne suis pas, contrairement à ce que j'espérais, totalement sorti de la déprime, mais elle ne me pèse pas. Je vais bien, et je trouve que c'est une jolie chose à dire, sur ce blog derrière lequel se cache une année de combat. Je finis de panser mes blessures, mais la vie a déjà repris son cours normal.

Tiens, à propos de ne rien avoir à dire, il y a autre chose dont je voulais vous parler. Depuis quelques temps, j'envisage de mettre un terme à ce blog, pas forcément en arrêtant d'y écrire, mais plutôt en ouvrant un nouveau chapitre. J'ai envie de clore quelque chose, de pouvoir écrire "Fin de la défume" et de passer à la suite, qui serait plus du genre "Le cours de la vie". Je crois que j'ai surtout envie de rassembler le tout, le mettre en pages, l'imprimer pour pouvoir le relire de façon moins heurtée que ne le permet l'écran. Pouvoir le relire dans son ensemble, c'est pouvoir le ramasser en une petite chose peu encombrante à ranger dans un coin de ma tête, c'est le mettre à distance tout en l'intégrant définitivement à ma vie.

Je crois que je vais clore ce premier chapitre par un texte un peu curieux. Une courte nouvelle que j'ai écrite il y a des années, qui s'appelle "Le paquet de cigarettes", où la clope joue un rôle secondaire mais intéressant. Ce texte est triste, et je vous dirai pourquoi. Je me rends compte aujourd'hui, en pensant à ce texte, qu'au moment de ma vie où je fumais le plus, j'avais une vision de la clope lucide (quoiqu'alors inconsciente) mais vraiment sordide. Une vision qui combat de façon intéressante beaucoup d'illusions sur le plaisir de fumer. La clope, vous le verrez dès que j'aurai pu remettre la main sur ce texte, c'est d'abord un marché de dupes, et j'ai réussi à m'en libérer. J'ai repris ma liberté.

Jo
Posté le 15 juin 2009, à 12:02
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